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November 18

Le Maroc, premier producteur mondial de cannabis est en rupture de stock

 
Le Maroc, premier producteur mondial de cannabis est en rupture de stock. Ceci en raison d'une grande sécheresse en été 2005 - Certains esprits rieurs y voient une des causes de la montée des violences dans les banlieues, désormais sans sédatifs. La libéralisation des drogues douces est un des thèmes porteurs d'une certaine gauche. A l'inverse la diabolisation du cannabis est plutôt le fait d'une certaine droite. Ci dessous des extrait d'un texte assez révélateur.
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Document extrait du numéro 2 de la Revue des Etudiants Alsaciens "R.E.A.'lismes", U.N.I.-Strasbourg.
L'usage du cannabis chez les adolescents, un véritable fléau social
 Par Charles SIMON, Commissaire Divisionnaire Honoraire-
Il est difficile de dissocier la drogue de l'insécurité. Il apparaît donc souhaitable, en préambule, de dresser un bref tableau de l'insécurité en France. La drogue fait partie de la vie quotidienne des délinquants. Elle représente parfois leur principale source de revenus et c'est souvent à cause de la dépendance qu'elle entraîne que sont commis les crimes et délits. Il convient aussi de mettre un peu l'accent sur les difficultés de l'institution judiciaire face à l'insécurité et sur l'illettrisme, l'une des principales causes de la violence et de l'usage des drogues douces au sein de l'école.
I - Bref tableau de l'insécurité en France
L'insécurité n'est pas tout à fait celle que nous exposent les journaux et la télévision, car elle est filtrée par les autorités et aseptisée par les organismes de presse qui ne communiquent que de rassurantes statistiques, en deçà de la réalité. Il a fallu la dernière campagne aux élections présidentielles pour que soit dressé devant l'opinion publique un état des lieux sans complaisance de l'insécurité. Ce fut l'occasion d'expliquer ce qu'est réellement la délinquance et de proposer des solutions efficaces. Trop souvent les médias ont tendance à parler de façon objective de l'insécurité que lorsqu'il y a du sensationnel : banlieues à feu et à sang - tueries - embrasements de voitures - viols collectifs - affrontements entre bandes et forces de l'ordre. L'inflation de la délinquance donne le vertige. Il n'y a pas de petite délinquance mais une délinquance de masse omniprésente dans les villes, les transports, les campagnes et les écoles. …
II - La consommation de CANNABIS chez les adolescents
La France est le premier consommateur de tabac, de vins, de médicaments et de CANNABIS en Europe. La nomenklatura parisienne branchée, célébrée par les médias, fait croire à notre jeunesse que c'est la mode de se droguer avec des drogues dites « douces ». Pour de nombreuses vedettes du spectacle et pour certains élus, fumer un joint est un gage de modernité. . Depuis 25 ans, les médias sont inondés de leurs discours en faveur du libre usage de la drogue douce, alors que les tenants d'une société anti-drogue sont censurés. Un véritable lobby de la banalisation du CANNABIS est instauré, comparable à celui de la banalisation de la délinquance.
4) Présentation du CANNABIS
Le cannabis appelé aussi chanvre indien est une plante dont le produit actif est utilisé pour ses effets psychotropes. Il est utilisé sous trois formes :
 L'herbe ou Marijuana qui a l'apparence du thé (mélange de feuilles et de graines de cannabis séchées)
 La résine de haschisch (conglomérat de poudre de feuilles de cannabis et de résine), substance dure de couleur brune, présentée sous forme de plaquettes ou barrettes.
 L'huile. La résine est de loin la plus consommée. Elle se fume mélangée à du tabac (1/3 de gramme de résine pour une cigarette appelée joint, shit ou pétard). Le Maroc est actuellement le premier producteur mondial de cannabis. En France, 7 à 800 000 personnes consomment quotidiennement du cannabis. 9 millions en ont déjà consommé 1 fois - 2,7 à 3 millions en fume 2 à 3 fois par semaine.
5) Les dangers du CANNABIS
Le Docteur LOWENSTEIN, spécialiste de la drogue, a mis l'accent tout récemment sur la consommation du cannabis chez les adolescents qui devient très préoccupante. Selon lui, l'usage du cannabis de ces derniers devient de plus en plus précoce et intensif : « On voit des gosses de 12-13 ans qui fument 20 à 30 pétards par jour. Beaucoup trop d'adolescents font un usage de cette drogue douce qu'est le cannabis ». Il convient donc de parler avant tout des effets et des conséquences du CANNABIS sur la santé et le comportement des adolescents. Contrairement aux adultes, ils n'ont pas suffisamment de maturité et de ressorts psychologiques pour maîtriser leur consommation, surtout s'ils consomment précocement.
Pourquoi devient-on consommateur ?
Les motivations poussant un adolescent, même averti, à fumer du cannabis sont nombreuses : la curiosité, le goût de l'aventure, le mal de vivre, la transgression de l'interdit, l'influence des copains, l'occasion de se retrouver en bande. Mais la raison qui prime sur toutes les autres, bien qu'on la nie souvent, est le plaisir.
Les effets positifs
Euphorie - relaxation - suppression du stress - surestimation de soi - bonne humeur - rêverie - sensations auditives et visuelles exacerbées - joie intérieure - facilité d'élocution - sympathique complicité avec les copains.
Les effets négatifs
A court terme : Somnolence - abattement - trouble de la mémoire immédiate - dépréciation de la réalité - manque de coordination des mouvements - tremblements - altération plus ou moins importante de certaines performances intellectuelles et psychomotrices - irritation de l'œil - bouche desséchée -augmentation du rythme cardiaque. A plus long terme : perturbation du tube digestif - bronchite chronique, asthme - :risque de cancer des poumons multiplié par 4 ou 5 - hallucinations - sentiment de persécution - excitation suivie de dépression - risque de psychose maniaco-dépressive - envie suicidaire - diminution très marquée des réflexes et de la concentration ainsi qu'une perte des notions des distances et de temps (accidents de la route).
Selon des études scientifiques récentes, l'usage régulier de cannabis pourrait entraîner une perturbation de la fertilité masculine. Pour se donner bonne conscience, certains consommateurs affirment que le cannabis est plus un médicament qu'un stupéfiant. En fait, il est utilisé dans des cas limités et biens précis : traitement du glaucome ; atténuation des effets secondaires de la chimiothérapie ; traitement des affections liées au Sida.
6) Conséquences de l'usage du cannabis sur la comportement des adolescents
Tous les adeptes de la banalisation et de la légalisation des drogues douces affirment que le cannabis serait moins dangereux que l'alcool, le tabac et la route qui tuent chaque année en France respectivement 60 000, 50 000 et 6 000 personnes. En effet, on ne parle pas des décès consécutifs à la consommation des drogues. Il est vrai que l'héroïne, la cocaïne, le crack, l' ecstasy, sont plus dangereux en terme de santé. Mais il est tout à fait intolérable que personne n'ait le courage de mettre l'accent sur les effets graves du cannabis sur notre société, en ce sens que cette drogue a des conséquences dramatiques sur le comportement de nos jeunes fumeurs de joints qui ne sont plus en mesure d'affronter efficacement le monde des adultes.
Combien de médecins généralistes sont-ils aptes à dialoguer avec des parents pour diagnostiquer si leur enfant est consommateur régulier de cannabis, en fonction des signes ou symptômes suivants :
 Résultats scolaires en régression du fait surtout de la perte de la mémoire immédiate,
 Pouffées de rire sans raison,
 Somnolence et un certain abattement ce qui conduit à la paresse et à une répugnance à apprendre ses leçons,
 Difficulté à se concentrer au cours des conversations,
 Volubilité et euphorie inhabituelles,
 Nervosité et forte irritabilité quand il reprend contact avec la réalité après dissipation totale du produit,
 Oublis spontanés (arrivé à la cuisine, il ne se souvient plus qu'il est venu chercher le sel),
 Retards au retour de l'école et absences du domicile beaucoup plus fréquentes, surtout en soirée et le week-end,
 Yeux irrités et regard vitreux. Davantage sujet aux bronchites,
 Changements fréquents d'humeur,
 Besoins d'argent plus prononcés (il sollicite souvent toute la famille, notamment les grands-parents).
Bien sûr, ces symptômes sont plus ou moins prononcés en fonction des individus, mais lorsque plusieurs d'entre eux sont réunis, on se trouve en présence d'un fumeur de joint. Il appartient alors aux proches de ce fumeur surtout de ne pas s'affoler et de prendre toutes dispositions pour qu'il soit éloigné pendant quelques temps de son environnement (bande de fumeurs) pour un voyage familial, etc... Tout rentrera dans l'ordre si le diagnostic est fait suffisamment tôt. L'adolescent, privé de sa dose, éprouvera de la nervosité, souffrira d'insomnie, peut être même s'inventera des douleurs physiques mais au bout de quelques jour et à conditions de trouver une occupation, il oubliera sa passion. Les parents doivent savoir aussi que la théorie scientifique selon laquelle un fumeur de cannabis est un futur héroïnomane est complètement fausse. Le jeune fumeur de joint viendra à 1'héroïne parce qu'il aura cédé aux sollicitations d'un revendeur de cette drogue et non pas par état de manque de son organisme.
7) Effets pervers du CANNABIS sur la Société
Il faut être bien conscient que la consommation régulière de cannabis va conduire nos jeunes fumeurs à la désocialisation, à l'échec scolaire et, plus tard, à l'échec professionnel. Beaucoup deviendront une charge pour notre société. L'adolescent consommateur de cannabis se distingue tout d'abord par un manque de volonté caractérisé. A tous ses camarades ou amis qui lui conseillent d'arrêter de fumer, il répondra invariablement « ne vous inquiétez pas car je peux m'arrêter quand je veux », mais, en fait, il continue. Il va se brancher sur le plaisir que lui fournit le joint et vivre l'instant présent au mépris de l'avenir. Sa règle d'or est« remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même ». Peu à peu il va se déconnecter de la réalité. La tendance à la somnolence, la diminution des réflexes, la distorsions de la perception de l'espace et du temps, vont constituer un sérieux handicap dans sa vie de tous les jours (beaucoup abandonnent les activités sportives et culturelles). A titre d'information, cette expérience scientifique aux USA : on a demandé à une dizaine de pilotes de chasse de fumer un joint de cannabis. 24 heures après sur des simulateurs de vol, aucun d'entre eux n'a été capable de poser son appareil normalement sur la piste alors que cette manœuvre ne présente pas de difficultés majeures. Beaucoup d'adolescents en mal de vivre cherchent à s'identifier à un groupe pour se rassurer face au monde d'adultes qu'ils appréhendent. Plutôt que de s'intégrer dans un club sportif ou autres associations, le jeune fumeur de joint va rechercher des liens sociaux avec un groupe de fumeurs. Dès lors, plutôt que de se concentrer sur ses études, il va avant tout se préoccuper de rejoindre « la bande », d'obtenir la drogue et l'argent pour la payer (1,20 euros le joint). Peu à peu, il se marginalise de la famille pour s'identifier à une bande qu'il retrouve dans des lieux tels que : caves, squares déserts, abribus, bâtiments désaffectés, domicile de parents absents. Inévitablement, il va se trouver en contact avec certains adolescents plus âgés qui sont déjà prédélinquants ou délinquants (racket, vols avec violences, violences sexuelles, trafic de stupéfiants, recel. . .). Il court alors le risque d'être entraîné dans la délinquance et, ce qui est le plus fréquent, d'être sollicité pour consommer de la drogue dure (héroïne). Avec la bande, il s'habituera incontestablement à associer la consommation de cannabis à celle de l'alcool (bières et alcools forts), voire même de médicaments. Il est alors aisé de comprendre que .1'usage de cannabis et la délinquance sont étroitement liés. Pour trouver l'argent nécessaire à sa consommation personnelle (1 à 5 joints par jour par exemple), l'adolescent sera tenté de s'adonner à un petit trafic de cannabis (revente) ou à se faire le complice de petits délinquants (vol de scooter, autoradio, etc…) quand la famille ne peut pas subvenir à ses besoins financiers. Pour mieux comprendre les effets pervers du CANNABIS sur le comportement des adolescents et sur la société, il est bon de rappeler ce qu'est l'adolescence. L'adolescence est l'âge où on structure sa personnalité. Elle est une marche vers la maturité physique et intellectuelle, une période où l'on muscle son corps et où l'on se forge des ressorts psychologiques. C'est l'âge aussi où on trouve son identité. Pour traverser avec succès cette phase critique, il faut de la volonté, de la motivation, de la sérénité, de l'optimisme. Bref, il faut mettre tous les atouts en jeu. Hélas, l'usage régulier de cannabis tue tous ses atouts. Dans notre civilisation actuelle, l'adolescent éprouve de grandes difficultés ce qui n'était pas le cas voici trois ou quatre décennies, en raison de phénomènes nouveaux : drogue, chômage, sida, divorce, régression des valeurs morales, société en permanente mutation, ... Alors que la « vie est devenue un combat » selon un terme de plus en plus usité, le jeune va se sentir désarmé et déstabilisé pour affronter la vie d'adulte, c'est à dire la vie active. L'avenir lui devient indéchiffrable. Il ne faut donc pas s'étonner si de nombreux adolescents, ne bénéficiant pas d'un environnement sain ou d'autres circonstances favorables, adoptent des comportements répréhensibles ou à risques tels que l'usage du cannabis pour fuir une réalité insupportable. Dans le monde de la drogue, c'est à dire au sein du clan de fumeurs, il va devenir indifférent aux valeurs sociales en cours et aux standards culturels. Parfois, il pourra même les contester violemment. Il remettra en cause le sens du travail et le sens de l'effort. Il perdra tout esprit d'indépendance et à chaque contrariété ou difficulté, plutôt que de prendre sur soi, il augmentera la consommation et n'hésitera pas à utiliser d'autres artifices tels que l'alcool et les médicaments. Il est bien évident que la plupart des adolescents qui pratiquent un usage dur de la drogue douce qu'est le cannabis sont prédisposés à l'échec scolaire, à la désocialisation, puis à l'échec professionnel. Un certain nombre d'entre eux deviendront délinquants. Beaucoup verseront dans l'alcoolisme et la dépression, ou seront victimes d'accidents psychiatriques. Ils constitueront une charge pour notre société.
 
July 07

" Le cannabis vous pourrit la vie si vous en abusez"

" Le cannabis vous pourrit la vie si vous en abusez"
 
 
 

Un dérivé du cannabis pour stopper la croissance des cellules cancéreuses.

 

Natalya KOGAN est étudiante en thèse à l'Université Hébraïque de Jérusalem sous la direction du Pr Raphael MECHOULAM de l'Ecole de pharmacie, connu pour ses travaux sur le cannabis. KOGAN a développé de nouveaux composés issus de la plante de cannabis. Soumis à un processus d'oxydation, les cannabinoïdes acquièrent la structure chimique de médicaments anti-cancers, dont le plus connu est la daunomycine.
KOGAN et les docteurs Ronen BEERI et Gergana MARINCHEVA de l'Hôpital Universitaire Hadassah à Ein Kerem, ont montré que les cannabinoïdes sont beaucoup moins cardiotoxiques que la daunomycine. Ceci représente une avancée thérapeutique majeure. Tous les composés synthétisés par KOGAN ont inhibé la croissance de cellules cancéreuses in vitro, et l'un d'entre eux a même réduit nettement le volume des tumeurs lors des tests effectués sur les souris. Les quinones cannabinoïdes agissent en inhibant spécifiquement la topoisomérase II, une enzyme impliquée dans la réplication cellulaire et donc responsable de la propagation des cellules cancéreuses.
De plus, plusieurs des composés développés par KOGAN ont présenté des propriétés anti-angiogéniques. L'angiogénèse est le processus de formation des nouveaux vaisseaux sanguins : elle est cruciale pour la croissance de la tumeur. Ces composés pourraient représenter la base pour de nouveaux traitements anti-cancers. Natalya KOGAN a reçu le Prix de l'Innovation Kaye pour ses recherches
July 06

Un chiffre d'affaires annuel de 320 milliards de dollars

Un chiffre d'affaires annuel de 320 milliards de dollars, supérieur au PIB de 9 pays sur 10 dans le monde, un nombre de toxicomanes en hausse de 8%, avec quelque 200 millions de consommateurs de stupéfiants : le marché de la drogue se porte bien. Le rapport annuel de l'Onu publié mercredi, soulignant cette vitalité, le présente d'ailleurs comme un "monstre" difficile à abattre. Principale raison : la popularité croissante du cannabis, qui a été consommé par plus de 160 millions de personnes en 2004, soit 10 millions de plus que l'année précédente, selon ce rapport 2005 du Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC).
Source: LCI
 

Cette augmentation de la consommation de cannabis est visible en Europe comme ailleurs ; mais le marché européen voit aussi "le degré de pureté de l'héroïne s'accroître", signe d'une offre en hausse, s'inquiète l'UNODC. Avec près de 16 millions de personnes dépendantes dans le monde, l'héroïne fait en effet partie, tout comme les opiacés et la cocaïne, des autres stupéfiants en progression après le cannabis. Considérées comme les "drogues les plus problématiques" par l'Onu, les opiacés apparaissent encore en Europe comme la préoccupation principale en termes de santé publique. Le continent se caractérise également par une progression du marché de la cocaïne dans 14 pays, relève le rapport.
L'Afghanistan s'impose sur le marché des opiacés
Ces types de drogues proviennent de plus en plus souvent d'Afghanistan, qui représente aujourd'hui 87% du marché mondial et qui est responsable à lui seul de la hausse de la production, malgré une baisse au Laos et en Birmanie. Comme la consommation, la production de cannabis apparaît en forte hausse, avec une progression de 25% entre 2003 et 2004, à 40.000 tonnes. "Tous les indicateurs - production, saisies et consommation - indiquent que le marché mondial continue de progresser" et "tout porte à croire que cette expansion va se poursuivre", s'alarme l'Onu.
Seule - relative - bonne nouvelle dans ce panorama 2005 des stupéfiants : les drogues de synthèse (amphétamines, méthamphétamines et ecstasy) sont en repli à 34 millions de consommateurs. La baisse de leur consommation mondiale s'explique principalement par le démantèlement d'un grand nombre de laboratoires clandestins en Thaïlande, ainsi que par un recul de ce type de drogue aux Etats-Unis. Au plan mondial, les saisies de drogue sont restée stables, le cannabis représentant plus de la moitié des saisies et les produits opiacés un quart.
Cette augmentation de la consommation de cannabis est visible en Europe comme ailleurs ; mais le marché européen voit aussi "le degré de pureté de l'héroïne s'accroître", signe d'une offre en hausse, s'inquiète l'UNODC. Avec près de 16 millions de personnes dépendantes dans le monde, l'héroïne fait en effet partie, tout comme les opiacés et la cocaïne, des autres stupéfiants en progression après le cannabis. Considérées comme les "drogues les plus problématiques" par l'Onu, les opiacés apparaissent encore en Europe comme la préoccupation principale en termes de santé publique. Le continent se caractérise également par une progression du marché de la cocaïne dans 14 pays, relève le rapport.
L'Afghanistan s'impose sur le marché des opiacés
Ces types de drogues proviennent de plus en plus souvent d'Afghanistan, qui représente aujourd'hui 87% du marché mondial et qui est responsable à lui seul de la hausse de la production, malgré une baisse au Laos et en Birmanie. Comme la consommation, la production de cannabis apparaît en forte hausse, avec une progression de 25% entre 2003 et 2004, à 40.000 tonnes. "Tous les indicateurs - production, saisies et consommation - indiquent que le marché mondial continue de progresser" et "tout porte à croire que cette expansion va se poursuivre", s'alarme l'Onu.
Seule - relative - bonne nouvelle dans ce panorama 2005 des stupéfiants : les drogues de synthèse (amphétamines, méthamphétamines et ecstasy) sont en repli à 34 millions de consommateurs. La baisse de leur consommation mondiale s'explique principalement par le démantèlement d'un grand nombre de laboratoires clandestins en Thaïlande, ainsi que par un recul de ce type de drogue aux Etats-Unis. Au plan mondial, les saisies de drogue sont restée stables, le cannabis représentant plus de la moitié des saisies et les produits opiacés un quart.
Cette augmentation de la consommation de cannabis est visible en Europe comme ailleurs ; mais le marché européen voit aussi "le degré de pureté de l'héroïne s'accroître", signe d'une offre en hausse, s'inquiète l'UNODC. Avec près de 16 millions de personnes dépendantes dans le monde, l'héroïne fait en effet partie, tout comme les opiacés et la cocaïne, des autres stupéfiants en progression après le cannabis. Considérées comme les "drogues les plus problématiques" par l'Onu, les opiacés apparaissent encore en Europe comme la préoccupation principale en termes de santé publique. Le continent se caractérise également par une progression du marché de la cocaïne dans 14 pays, relève le rapport.
L'Afghanistan s'impose sur le marché des opiacés
Ces types de drogues proviennent de plus en plus souvent d'Afghanistan, qui représente aujourd'hui 87% du marché mondial et qui est responsable à lui seul de la hausse de la production, malgré une baisse au Laos et en Birmanie. Comme la consommation, la production de cannabis apparaît en forte hausse, avec une progression de 25% entre 2003 et 2004, à 40.000 tonnes. "Tous les indicateurs - production, saisies et consommation - indiquent que le marché mondial continue de progresser" et "tout porte à croire que cette expansion va se poursuivre", s'alarme l'Onu.
Seule - relative - bonne nouvelle dans ce panorama 2005 des stupéfiants : les drogues de synthèse (amphétamines, méthamphétamines et ecstasy) sont en repli à 34 millions de consommateurs. La baisse de leur consommation mondiale s'explique principalement par le démantèlement d'un grand nombre de laboratoires clandestins en Thaïlande, ainsi que par un recul de ce type de drogue aux Etats-Unis. Au plan mondial, les saisies de drogue sont restée stables, le cannabis représentant plus de la moitié des saisies et les produits opiacés un quart.
 
June 30

Les récepteurs Cannabinoides

S i le THC contenu dans le cannabis a un effet psychotrope sur l’homme, c’est qu’il se lie à des récepteurs présents dans le cerveau qui fonctionnent normalement avec des cannabinoïdes produits par l’organisme (les endocannabinoïdes). Le rôle de ces composants synthétisés par l’organisme n’est pas totalement éclairci. Selon l’équipe d’Henri Gozlan, de l’Inserm, ces endocannabinoïdes jouent un rôle important dans la maturation du cerveau au cours de la gestation en régulant l’activité cérébrale.
Dans le cerveau adulte, on sait que lorsque les cannabinoïdes (internes ou externes) se fixent sur les récepteurs CB1 la production du neurotransmetteur GABA est diminuée. Le GABA joue un rôle de frein de l’activité cérébrale tandis que le glutamate joue le rôle d’accélérateur.
Au cours de la gestation, lorsque le cerveau se forme chez le fœtus, GABA et glutamate jouent tous deux un rôle d’accélérateur de l’activité cérébrale. Henri Gozlan et ses collègues ont démontré chez des souris que les endocannabinoïdes activent en permanence les récepteurs CB1 afin de réguler l’action du GABA. L’équilibre est fragile, précisent les chercheurs : si la quantité de cannabinoïdes est trop élevée, l’activité neuronale est ralentie. A l’inverse, si les cannabinoïdes sont insuffisants l’absence de frein conduit à une crise épileptique.
Les chercheurs, qui publient un papier cette semaine dans les PNAS, soulignent deux implications possibles de leurs résultats. D’une part la consommation de cannabis pendant la grossesse pourrait ralentir la croissance cérébrale. D’autre part, certains médicaments visant à bloquer les récepteurs aux cannabinoïdes pourraient eux aussi avoir un impact négatif sur le fœtus via une crise épileptique.
June 23

la sclérose en plaques

Prise de position de la Société suisse de la sclérose en plaques
Du point de vue de la Société suisse de la sclérose en plaques, la légalisation du cannabis à des fins thérapeutiques sur ordonnance médicale serait souhaitable.

Bien dosé, le cannabis peut être très efficace pour les personnes atteintes de SEP et représenter une option dans le cadre du traitement des symptômes. Selon les études à disposition, les domaines d’application concernent surtout les douleurs, la spasticité et les troubles du sommeil.

La Société SEP préconise la légalisation et - après examen des données quant à l’efficacité et la tolérance par les autorités compétentes - la mise sur le marché de préparations à base de cannabis en quantité limitée, sous surveillance médicale et après contrôle de qualité par les pharmacies.

Actuellement, aucun médecin n’est autorisé à prescrire du chanvre/cannabis en Suisse. Le médecin peut déposer une demande à des fins thérapeutiques pour son patient auprès de l’Office fédéral de la santé afin d’obtenir du Marinol, soit du THC synthétique importé des USA (les coûts s’élèvent à 60.- frs par jour pour 2 à 3 capsules). A titre exceptionnel, la consommation de cannabis est autorisée par l’Office fédéral de la santé.

June 21

Jésus Ier aimait le cannabis...

Jésus était vraisemblablement un consommateur de cannabis et l'un des premiers hommes à vanter les vertus médicinales de cette drogue. Il semblerait même que lui et ses disciples s'en soient servis pour opérer leurs guérisons miraculeuses.
Selon un article de Chris Bennett paru dans le magazine spécialisé High Times sous le titre "Was Jesus a stoner ?" (Est-ce que Jésus se camait ?), l'huile d'onction qu'ils utilisaient contenait une substance appelée kaneh-bosem, qui a été identifiée comme un extrait de cannabis. L'encens employé par le Christ lors des cérémonies renfermait lui aussi un extrait de cannabis, poursuit Bennett en citant des universitaires à l'appui de sa thèse.
"Le cannabis a sans aucun doute joué un rôle dans la religion judaïque", déclare Carl Ruck, professeur de mythologie classique à l'université de Boston. A propos de sa présence dans les huiles d'onction, il ajoute : "Compte tenu des possibilités d'accès au cannabis et de sa longue tradition dans le judaïsme de l'époque [...], c'est une substance qui ne pouvait qu'être présente dans les mélanges [chrétiens]."
Bennett écrit que les individus oints des huiles utilisées par Jésus "baignaient littéralement dans cette puissante mixture. [...] Bien que la plupart des gens préfèrent aujourd'hui le fumer ou l'ingérer, le cannabis peut être aussi absorbé par la peau quand ses substances actives sont introduites dans un composant huileux."
Citant le Nouveau Testament, Bennett écrit que Jésus enduisait d'huile ses disciples et les invitait à en faire autant avec les autres fidèles, ce qui pourrait expliquer les guérisons des maladies des yeux et de la peau mentionnées dans les Evangiles. "Si le cannabis était l'une des principales substances de l'ancienne huile d'onction [...] et s'il a permis à Jésus de devenir le Christ et à ses disciples de devenir les chrétiens, alors on pourrait considérer la persécution des consommateurs de cannabis comme contraire au christianisme", conclut Bennett.

June 20

On le suspectait, c'est confirmé : Le cannabis est néfaste pour le cerveau du foetus

On le suspectait, c'est confirmé : Le cannabis est néfaste pour le cerveau du foetus
Une équipe franco-hongroise vient d'établir que, selon que la voie de signalisation des cannabinoïdes endogènes est stimulée ou déprimée chez le fœtus, il s'ensuit, chez l'adulte, une raréfaction de l'activité électrique corticale ou, au contraire, une hyperactivité favorisant la comitialité. Cette découverte confirme l'impact de la consommation de cannabis pendant la grossesse.

LES ENFANTS nés de mères qui consomment régulièrement du cannabis sont souvent affectés de déficits cognitifs, ce qui tend à indiquer que cette addiction retentit défavorablement sur la maturation cérébrale du fœtus. Un travail conjointement mené par l'équipe Inserm U29 (Marseille) et par des chercheurs hongrois (institut de médecine expérimentale, Budapest) vient de confirmer ce lien pathologique.

Chez l'adulte, le cannabis active les récepteurs cannabinoïdes de type 1 (CB1) présynaptiques couplés à la protéine G, ce qui tend à déprimer la libération de neurotransmetteurs et, en particulier, d'acide gamma-aminobutyrique (Gaba). Chez le fœtus, cette réduction de la libération de Gaba a d'importantes conséquences fonctionnelles sur le développement du cerveau, dans la mesure où le Gaba joue un rôle excitateur à l'égard de la plupart des structures cérébrales et agit en synergie avec le glutamate pour activer les réseaux neuronaux à un stade précoce.

Les auteurs de ce travail ont donc cherché à déterminer si l'altération de la voie de signalisation des cannabinoïdes endogènes au cours de la première semaine de vie de rats nouveau-nés avait une influence néfaste sur l'activité des neurones hippocampiques. Cette période a été choisie, car elle est supposée correspondre au dernier trimestre de la gestation humaine, tant sur le développement cérébral que sur l'activité physiologique du foetus.

Par une série d'expériences sur des coupes d'hippocampes de rats âgés de 0 à 5 jours et de 5 à 6 jours, les investigateurs ont montré que la voie de signalisation rétrograde des cannabinoïdes endogènes régit l'homéostasie de la transmission synaptique et, par là même, le profil des réseaux neuronaux au sein de l'hippocampe immature. Le blocage in vivo des récepteurs CB1 a induit le déclenchement de décharges de type épileptique, alors que la suractivation de ces mêmes récepteurs déprime l'activité neuronale.

Recrutement de type épileptique.

La voie de signalisation des cannabinoïdes contribue donc à ce que la périodicité de décharge des populations neuronales corticales s'inscrive dans une étroite fourchette physiologique, assurant un fragile équilibre entre un recrutement de type épileptique et une activité neuronale sporadique. Si, pendant la grossesse, cet équilibre est rompu dans un sens ou dans l'autre, cela peut avoir un grave retentissement sur la maturation cérébrale, y compris chez l'embryon humain. Précisément, le cannabis étant un agoniste des récepteurs CB1, il provoque des altérations du premier type, c'est-à-dire sous-tendant un profil comitial.

Les auteurs précisent, en outre, que la prise, pendant la grossesse, de médicaments qui inhibent les récepteurs CB1 pour un effet amaigrissant agit dans le sens inverse (raréfaction de l'activité neuronale). Il est toutefois peu probable qu'un médecin prescrive un tel traitement à une femme enceinte, tout du moins en France.

Dr BERNARD OLLIVIER
Source : Quotidien du Médecin

June 19

Cannabis thérapeutique

 

image1

L’intérêt de la recherche dans ce domaine est d’utiliser cette plante, non plus à des fins psychotropes ou récréatives, mais de trouver les dosages et mode d’emploi, ainsi que les différentes indications médicales possibles de cette plante avec ou sans effets psychoactifs, selon les goûts. Toutes les parties de la plante, coupées et séchées, peuvent être utile d’un point de vue thérapeutique, même les graines. Les hollandais en légalisant l’usage et la vente du cannabis à des fins récréatives ont créé l’empire du « CannaBuziness ». Les multinationales pharmaceutiques vont envahir le marché avec des produits assez éloignés des bénéfices thérapeutiques de la plante.

bases scientifiques

c’était dans les graisses

L’isolement, dans les années 1940 par le Dr. Adam, du cannabinol et du cannabidiol révéla la structure du principe actif du cannabis. Ce n’est qu’en 1965, que le Dr. Mécoulam et ses collègues isolèrent tout d’abord la molécule D9-THC (delta-9-Tétrahydrocannabinol). Le THC s’avéra par la suite être le principal responsable des propriétés psychoactives de la plante. Hormis dans des débats sur les différentes formes de THC, le THC est synonyme du D9-THC (delta9-tétrahydrocannabinol).

A la différence de la plupart des autres drogues, les composants du cannabis ne sont pas des alcaloïdes, ni des glucosides, mais des motifs moléculaires beaucoup plus complexes, de la famille des terpènes. Le THC, principal composant psychoactif, ainsi que les soixante cannabinoïdes qui l’accompagnent, sont des corps gras qui se diluent mal dans l’eau, mais qui se dissolvent facilement dans d’autres corps gras. C’est pourquoi il y a de plus faibles taux de THC dans le sang que dans les tissus gras. Afin d’extraire plus de composants actifs, les infusions sont plutôt faites au lait et dans la cuisine au beurre. Il faut alors faire très attention aux dosages, à cause des risques d’hallucinations, parfois traumatisantes.
thc et variétés

Les taux de THC de la plante permettent de faire la différence entre plusieurs variétés et dérivés : le chanvre « textile » en contient moins de 0,3%, le cannabis classique de 0,5 à 4%, la marijuana ou la sensemilla de 7 à 15 %, la skunk ou netherweed 20%, le haschich de 2 à 20%, l’huile de 15 à 50% et même certaines variétés de laboratoire de recherche agronomique et génétique peuvent en contenir jusqu’à 70 à 90 %.
des effets, connus depuis le secondaire

Les principaux effets secondaires du cannabis sont les effets psychotropes : l’euphorie ou la psychose. Il provoque aussi une accélération du rythme cardiaque, une pression intraoculaire, momentanée, une sudation accentuée et une respiration légèrement plus intense.
mode d’administration et galéniques

-  Fumé : il existe plusieurs techniques pour fumer, les plus toxiques étant le chillum indien et le rituel « trois feuilles » pour rouler et faire tourner un joint, car pour améliorer la combustion, beaucoup d’usagers y ajoutent du tabac. Pour fumer le cannabis pur et sans tabac, à moindres risques, il vaut mieux envisager des petites pipes, comme les Sepsi marocains, permettant de fumer de petites doses d’herbe pure, ou plus sages, les pipes à eau, permettant de filtrer et de refroidir la fumée. Toutefois quel que soit le mode de combustion, même pur et sans tabac, on consomme des goudrons qui favorisent notamment les cancers.

-  Inhalé : une décoction avec la méthode de la serviette sur la tête est possible, mais faites attention au « plongeon mystique », l’eau est chaude. Les vaporisateurs utilisés en phytothérapie, atteignent une température supérieure à 200°C, température à laquelle la combustion du cannabis génère des goudrons. Grâce aux différents « vaporizer » spécialement adapté, à 150-200°C, le cannabis étant brûlé avec la vapeur d’eau (hydrolyse), il produit une fumée, sorte de vapeur d’huiles essentielles, réellement safe et sans goudrons.

-  Ingéré : de nombreux livres de cuisine spécialisée pourront alors vous être d’une grande utilité pour redécouvrir l’appétit, la cuisine et les crèmes brûlées. En cas de cirrhose du foie, certaines préparations sous formes liquides (ampoules, fioles, etc.) contiennent des taux d’alcool qu’il convient d’éviter.
mécanisme d’assimilation

Fumés, les cannabinoïdes passent des poumons dans le sang, puis atteignent le cerveau en moins d’une minute, et à une dose maximale, quinze minute après inhalation, coïncidant avec le pic d’effets psychologiques et physiologiques. C’est un processus très rapide, il dure deux à trois heures. Environ 50% du THC « part en fumée », dont une partie se transforme en goudrons, et seul 25% sera réellement présent dans le sang. A dose égale, un fumeur expérimenté aura un dosage de THC plus élevé dans le sang qu’un novice.

Ingéré, le cannabis est plus lent à procurer les premiers effets puisqu’il passe par le système digestif (30 à 90 minutes), il est assimilé par l’intestin puis métabolisé par le foie. Il procure aussi des taux de THC sanguins deux à trois fois plus faibles que fumé. Il faut encore compter deux à trois heures avant d’atteindre le niveau d’effet maximal, le temps de la métabolisation par le foie d’une grande partie du THC. Les effets du cannabis ingéré durent de quatre à huit heures, voire plus exceptionnellement. En effet, grâce à la digestion, les cannabinoïdes sont stockés dans les graisses, puis se rediffusent lentement dans le sang, permettant d’assurer une durée d’effet nettement supérieure à la fumée, avec des dosages et des effets vraiment différents.
mécanisme d’action

Une fois absorbés, les cannabinoïdes sont redistribués et stockés dans le corps, vers les tissus des organes les plus irrigués par le sang (cerveau, poumons, foie, glandes surrénales, reins, ovaires et testicules). Le THC a une demie-vie dans le sang de 4 jours environ. Le THC est essentiellement métabolisé par les cytochromes P450 du foie. Il est transformé en métabolite, le 11-OH-THC (11-hydroxy-THC), trois fois plus psychoactif que le THC lui-même et ayant une demie-vie de 30 heures, lequel est à son tour transformé en THC-COOH (9-carboxy-THC) très présent dans les urines, mais inactif comme la plupart des autres métabolites du cannabis connus à ce jour. Le THC-COOH disparaît en une semaine, voire en un mois pour des gros fumeurs quotidiens et de longue date. C’est ce métabolite qui est principalement recherché dans les systèmes de dépistages rapides utilisés sur la route par les services répressifs.
laboratoire et dépistage

L’élimination complète dans le corps humain de tous les composants d’une seule prise de cannabis peut prendre plus d’un mois. Les dosages des métabolites de cannabis dans les urines ne permettent pas de situer précisément le moment de la prise ou de l’effet psychoactif du cannabis, faute de corrélation avec les traces de cannabis dans les urines. Le THC reste plus longtemps dans le cerveau que dans le sang, ce qui explique que fumé, les effets psychoactifs durent jusqu’à quatre heures, alors que les taux sanguins de THC sont déjà devenus quasiment indétectables. Toutefois, il arrive qu’une part négligeable de THC, non métabolisée par le foie, puisse être détectée dans les urines.
surdose et tolérance

Tout comme la morphine, le cannabis utilisé à des seules fins thérapeutiques, n’a pas provoqué de problème de dépendance dans le cadre d’essais cliniques. Ces deux produits ont en commun, le fait de pouvoir être facilement et efficacement autodosé par le malade, quand on lui en laisse la possibilité.

D’après des calculs pronostics, la dose létale de cannabis pourrait être provoquée par la prise unique de 7,5 kg de cannabis séché ! Comparée avec la dose moyenne de THC utilisée dans le cadre des essais thérapeutique, le rapport dose thérapeutique/dose létale est de 1/40000. Sachant que pour le cannabis, les doses thérapeutiques sont généralement inférieures aux doses « récréatives ».

Au sens pharmacologique du terme, la tolérance signifie la capacité acquise progressivement de supporter des doses croissantes d’un produit sans effet indésirable grave. Le cannabis a une bonne tolérance, quand il est utilisé sous sa forme naturelle, grâce à l’un de ses cannabinoïdes, autre que le THC, naturellement présent dans la plante. Ainsi, avec l’utilisation des formes synthétiques de THC seul (la majorité des médicaments actuellement disponibles), des problèmes de tolérance apparaissent.
neurologie

Dans le corps humain, deux types de récepteurs biologiques, spécifiques aux cannabinoïdes ont été identifiés, les CB-1 et les CB-2. Les CB-1 sont des systèmes de récepteurs situés dans plusieurs régions du cerveau et dans les tissus périphériques (cœur, prostate, utérus, ovaires, testicules, moëlle épinière et amygdales), ils sont appelés récepteurs centraux. Les CB-2 sont des récepteurs fixés aux macrophages du système immunitaire dans la rate, mais aussi dans les agmydales, ils sont appelés récepteurs périphériques. Il y a autant de CB-2 dans la rate que de CB-1 dans le cerveau.

Les cannabinoïdes endogènes dans le cerveau, jouent un rôle majeur dans la gestion du stress et de la peur. Ils sont très présents dans les amygdales basolatérales dans la région du cerveau qui gère la mémoire et la peur. Ils permettent d’oublier, puis de dépasser les mauvais souvenirs traumatiques, permettant à l’expérience de servir de leçon. Ceci permettrait d’expliquer le rôle auto-thérapeutique du cannabis, utilisé par certains consommateurs récréatifs. Certains chercheurs évoquent le rôle neuroprotecteur de certains cannabinoïdes ; on vient ainsi de démontrer qu’ils joueraient le rôle d’antioxydants potentiels. Il est capital de comprendre que la plupart des essais thérapeutiques, aujourd’hui, ont été réalisés avec des cannabinoïdes synthétiques, copiés à partir de la plante, et non pas avec tous les composants naturels. Ce qui a créé de nombreux effets secondaires que d’autres éléments, présents à l’état naturel dans la plante, permettent de contrer efficacement. L’industrie pharmaceutique le sait, mais préfère étudier chaque composant un par un, quitte à étayer un savoir n’ayant rien à voir avec les effets ou les risques liés au cannabis naturel, utilisé à des fins thérapeutiques.
cannabis et immunité

Le rôle et l’incidence immunitaire des récepteurs CB-2, liés au macrophages du système immunitaire, est encore un mystère aujourd’hui, provoquant les surenchères médiatiques quant aux risques éventuels de dépressions majeures du système immunitaire. Ils n’ont jusqu’à aujourd’hui été constatés que sur des cobayes à qui des chercheurs avaient injecté une forte dose de THC. Aux dosages récréatifs classiques, les incidences immunitaires ne sont pas mesurables, mais pour d’éventuels futurs traitements à très fort dosage, la question méritera alors d’être étudiée. Alors qu’il est notoire que nombre de séropositifs et de malades fortement immunodéprimés utilisent du cannabis à des fins récréatives ou thérapeutiques, les incidences immunitaires de cette plante n’ont toujours pas fait l’objet d’une revue de la littérature scientifique. Pourtant plus d’un million de malades immunodéprimés (sida, hépatites, cancers, sclérose, etc.) sont prêts à participer à des essais sur le cannabis thérapeutique en France. Ils attendent encore des essais en nombre suffisant.
botanique

Les composants psychoactifs sont majoritairement présents dans les terminaisons fleuries (les têtes) du plan femelle du cannabis sativa. Ceci explique qu’avec l’aide des dernières techniques de modifications génétiques (OGM), les pieds cultivés pour une production intensive et une rentabilité maximale mesurent moins d’un mètre et n’ont quasiment plus de feuilles, juste des têtes, sortes de bonzaïs gluants.
marketing

Le haschich est obtenu après tamisage, permettant ainsi de récolter le pollen qui une fois compressé, se présentera sous l’aspect de tablette de « chocolat ». Pour les Hollandais, inconditionnels du haschich, il existe des systèmes (Pollinator©, Ice-O-Lator©) qui permettent, à partir de production personnelle de cannabis en quantité modeste, de fabriquer son propre haschich thérapeutique, afin de garantir la pureté et la qualité du produit.

A partir du pollen, on peut aussi fabriquer différents types d’extraits sous forme liquide. L’huile de cannabis est à utiliser avec grande précaution, à cause de taux de THC très élevé. Elle est surtout prise en infusion. Les bières et autres boissons dites « à base de cannabis » ne sont que des produits de marketing. En phytothérapie, il existe aussi des onguents, des baumes, de la teinture-mère, des extraits d’huiles essentielles, à partir desquels il devient plus facile pour l’industrie pharmaceutique de produire des gélules et des cachets, des aérosols et des sprays, des gouttes pour l’œil et diverses formes de suppositoires, à base de cannabis.
bigpharma

Le manque d’intérêt pour la plante de la part de l’industrie pharmaceutique s’est longtemps expliqué par le fait que le cannabis, étant un produit naturel, appartient au domaine public : il ne peut donc pas être breveté. Il faut tout d’abord être capable de produire des plants dont la composition soit connue, précise et surtout stable et reproductible. Il ne reste plus alors qu’à trouver des modes d’administration, faciles d’emploi pour n’importe quel malade, surtout pour les non fumeurs et ceux qui ne veulent pas d’effets psychotropes. C’est seulement suite à ces étapes, que des essais thérapeutiques ont pu commencer.

La recherche sur les dérivés du THC est nécessaire, ou du moins des tentatives de modifications génétiques de sa structure, afin de pouvoir en ôter l’effet psychoactif, mais surtout de pouvoir déposer des brevets. Le Dr. Mechoulam indique que si le cannabis était légal, il remplacerait immédiatement 10 à 20% de tous les médicaments sur ordonnance, et que peut-être 40 à 50% des remèdes actuels pourraient être à base d’extraits de cannabis.

les essais thérapeutiques

accès compassionnel

L’AFSSaPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), dans le rapport annuel 2001 du comité de coordination des vigilances des produits de santé, au chapitre « Cannabis et dérivés : usage thérapeutique », fait une mise à jour des dernières informations en matière d’essais thérapeutiques :

    « Actuellement, le Royaume-Uni fait figure de précurseur puisqu’il est le seul pays en Europe à utiliser le Cannabis et ses dérivés dans un but thérapeutique. Effectivement, deux agonistes synthétiques, le dronabinol (Marinol®) et la nabilone (Cesamet®) sont déjà commercialisés comme médicaments en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Ces deux spécialités pharmaceutiques sont indiquées dans le traitement des vomissements induits par la chimiothérapie anticancéreuse (après échec des antihémétiques de référence). Le dronabinol est également indiqué comme orexigène chez les patients atteints du sida.

    Ces deux cannabinoïdes sont en France, inscrits sur la liste des stupéfiants. Ils peuvent être prescrits sous la forme d’autorisations temporaires d’utilisation (ATU) nominatives. Le cannabis ou ses dérivés pourraient également avoir des vertus thérapeutiques dans les traitements symptomatiques des douleurs résistant aux traitements conventionnels du glaucome à angle ouvert, de la sclérose en plaques, de l’asthme et de l’épilepsie.

    Le Royaume-Uni semble actuellement le seul pays à conduire des essais cliniques dans ce cadre. Le laboratoire britannique GW Pharmaceuticals est en train de développer un médicament à base de dérivés de cannabis (THC et Cannabidiol) sous la forme de spray sublingual pour lutter contre la douleur aiguë neurogène et spastique. Ce médicament est actuellement en phase III (70 patients). Le laboratoire souhaiterait obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) au Royaume-Uni au troisième trimestre 2002, avant d’engager une procédure de reconnaissance mutuelle. Durant l’été 2001, le laboratoire (GW Pharmaceuticals) fait savoir qu’il était intéressé par le développement d’expérimentations cliniques en France. Depuis, trois équipes médicales françaises ont pris contact avec ce laboratoire afin de faire des recherches biomédicales dans trois indications différentes, la sclérose en plaque, le glaucome, l’état cachectique chez les séropositifs. Le laboratoire a également indiqué qu’il s’intéressera à d’autres indications et formes galéniques ultérieurement.

    L’Unité « stupéfiants et psychotropes » a transmis en janvier 2002 au directeur général une étude bibliographique sur l’utilisation thérapeutique du cannabis. Environ 10 ATU de Marinol® (THC) ainsi qu’une ATU pour du THC en spray ont été délivrées par l’Afssaps depuis juillet 2001. »

Cette liste d’ATU (Autorisation Temporaire d’Utilisation) est la preuve d’un travail assidu de l’AFSaPS sur les pistes prometteuses du cannabis thérapeutique. Une ATU a été oubliée, la première pour un produit à base de dérivés de THC, celle que nous avons défendue, obtenue et annoncée dans les pages de Action (numéro 52) et Protocoles (numéro 6) dès mars 1998 : il s’agit du Cesamet® (nabilone), distribué par Cambridge Laboratories, comme anti-vomitif couramment employé en Grande-Bretagne. De nombreuses études comparatives ont établies la faible toxicité de ce produit, son absence d’effets secondaires et son efficacité pour une grande majorité de malades, précisément là où les autres antivomitifs classiques échouent, comme le Vogalène® de Schwarz Pharma, le Kytril® de Roche, le Primpéran® de Sanofi-Synthélabo et le Zophren® de GlaxoSmithKline.

En août 1998, l’AFFSaPS a tranché. Les études de Cambridge Laboratories sur les interactions avec les traitements VIH, finalement, n’étaient plus suffisantes et ne permettaient donc pas la mise en place d’une ATU de cohorte. Une bonne chose pour les laboratoires concurrents qui ont pu finir la mise au point de leur propre version « stupéfiante » à base de cannabinoïdes.
rimonabant®

Sanofi Synthélabo a intégralement sponsorisé le symposium sur les cannabinoïdes de l’ICRS (Internationnal Cannabinoids Research Society), satellite du 13ème congrès international de pharmacologie à la Grande-Motte du 23 au 25 juillet 1998. En effet, ils avaient découvert, peu de temps avant, la clé des antagonistes aux récepteurs cannabinoïdes CB-1 et CB-2, première étape indispensable pour étudier avec précision les mécanismes de ces récepteurs.

Le Rimonabant® (SR141716 ), antagoniste du CB-1 et CB-2, a été isolé en 1994, à Paris, avec une équipe de l’Hôpital de la Salpétrière. En recrutant des fumeurs de joints de Toulouse, ils avaient déjà pu démontrer dès avril 2001, qu’avec cet antagoniste, ils pouvaient réduire de 60% l’effet « High » et de 40% l’effet « Stone » de la plante fumée. En bloquant les CB-1 on s’aperçoit que l’attirance vers des nourritures sucrées et des boissons alcoolisées, que provoque fréquemment le cannabis, diminue. Cette molécule, baptisée Rimonabant®, est aujourd’hui en étude de phase III comme traitement éventuel de la schizophrénie, du sevrage tabagique ou même de l’obésité.

En 2001, Gérard Lefur, directeur exécutif, explique que si le cannabis a la vertu de stimuler l’appétit, les antagonistes, en bloquant nos récepteurs aux cannabinoïdes endogènes, peuvent par contre avoir la vertu de nous couper l’appétit. En novembre 2002, le département de recherche sur le système nerveux central de Sanofi, basé à Toulouse, confirme que suite à une semaine de traitement, ils arriveraient à obtenir une baisse de nourriture de 50%, une perte de poids moyenne de 20%, et une perte de tissu graisseux de 50%. Qui dit mieux ? D’autres essais avec le Rimonabant® ont cherché à vérifier son efficacité sur le contrôle de la prise de poids, aux dosages de 5 ou 20 mg, comparé à placebo. Les participants de cet essai, n’auraient perdu que 4 kg en 16 semaines, en moyenne. Un autre essai de phase III teste l’efficacité chez des personnes diabétiques ou ayant des problèmes lipidiques. En fait, en 1997, Sanofi-Synthélabo avaient déjà découvert mieux, l’antagoniste « sélectif » du CB-1 ou du CB-2, le fameux SR 144528.
cesamet®

La compagnie pharmaceutique américaine, Eli Lilly, qui a breveté la nabilone en 1971, a mis au point, plus tard, son propre antagoniste, le LY 320135. Ils n’ont donc pas défendu ce trop simple agoniste. C’est alors qu’une démonstration est faite au sujet de la nabilone : sa structure chimique n’a rien de comparable au THC, et ne doit donc pas être classée comme un stupéfiant, précise alors l’OMS. Cependant, activant les récepteurs endogènes, elle produit un léger « high », moitié moins fort que le THC, mais qui conduit néanmoins la FDA à la classer comme stupéfiant. Pourtant, en Angleterre, où Cambridge Laboratories a pu distribuer cette molécule, aucun cas d’abus ou de dépendance n’a jamais été signalé, alors même qu’elle était accessible sur simple prescription médicale.
marinol®

Aux Etats-Unis, le Marinol® (dronabilone) a été découvert par le National Cancer Institute en 1971, puis breveté par les laboratoires Roxanne. Il a été testé pour ne pas provoquer de « high », et donc ne pas occasionner de dépendance ou même d’attrait de la part d’usagers de cannabis. Mais elle a provoqué autant d’effets secondaires que ceux qu’elle devait alléger, donc il n’a pas convaincu les malades.
cp-55,940

Le laboratoire Pfizer a peut-être abandonné trop tôt un projet concernant le CP-55,940, qu’ils ont mis au point eux aussi au début des années 70, en même temps que la nabilone, le dronabilone aux Etats-Unis et la loi de 70 en France. Il avait la particularité attrayante de se dissoudre facilement dans l’eau contrairement au THC qui se dissout mieux dans les corps gras. Il a donc été testé en injection intramusculaire. Baptisé par la suite levonantradol, il avait une efficacité plus grande que le THC pour activer les CB1 et CB2. Mais ce produit s’est montré environ soixante fois plus puissant que le THC.

Ces études étaient donc faites avec une dose équivalente à la consommation mensuelle d’un usager récréatif classique, en une seule injection ! L’idéal, si on avait cherché à « démontrer » les risques de crises de schizophrénies foudroyantes. N’arrivant pas à annuler les effets psychotropes, Pfizer décide d’abandonner cette molécule vers les années 80. Mais comme elle représente un excellent marqueur radioactif, elle est utilisée pour ses qualités de traçabilité au scanner, qui permettent de faciliter l’identification du premier récepteur endogène aux cannabinoïdes, le CB1. Les chercheurs expliquant qu’un des challenges était de trouver le mode d’administration permettant d’avoir les taux de THC les plus élevés possible dans le sang.
intox et fumée

Le Dr. Francis de l’Université McGill à Montréal a mené un essai sur la sclérose en plaque avec 600 patients, dont le but était de comparer la fumée de joints et celle d’un vrai placebo, ayant le même goût et la même saveur, pour contrôler les spasmes douloureux liés à cette maladie. Les résultats déclaratifs des patients étaient formels en faveur des joints, mais selon lui il s’agissait d’un effet psychosomatique non étayé par un examen approfondi et mesurable de ces résultats ! La fumée, c’est nettement moins bon que fumer.

Très prochainement, plusieurs laboratoires pharmaceutiques vont lancer des campagnes marketing visant à améliorer la perception des médecins quant à l’utilisation de cannabinoïdes à des fins thérapeutiques. Si quelques grosses compagnies pharmaceutiques ont été les pionniers en la matière, aujourd’hui quasiment toutes ont en développement des produits à base de cannabinoïdes. Nous allons entendre parler prochainement de l’AM-251, du HU-210, du CT-3, du JWH-133, du Dexanabinol et du Cannador®, à base d’un seul cannabinoïdes. D’autres laboratoires comme GW Pharma, Pharmos Corporation ou des universités allemandes produisent déjà des traitements comprenant l’ensemble des cannabinoïdes naturels, permettant des résultats nettement supérieurs et démontrant enfin les véritables progrès médicaux qu’il est possible d’obtenir avec du cannabis, quand on écoute les patients.
Précisions (juillet 2003)
Les analyses urinaires pour dépister le cannabis ne permettent que de répondre à la question : « a-t-on déjà pris du cannabis dans le mois écoulé ? ». Comme il n’y a pas de corrélation entre la positivité de ces tests et les effets psychoactifs, il n’est pas possible d’établir un lien scientifique entre un test urinaire positif et des comportements délinquants que les services répressifs voudraient attribuer aux effets psychoactifs du cannabis. Aucun test ou analyses aujourd’hui, ne permettent de dépister les effets psychoactifs du cannabis, il s agit juste au mieux de présomption à partir de dosages dans le sang. En effet, aucune échelle scientifiquement validée n’a été établie dans ce sens.

June 18

Du cannabis au lycée?

 

Du cannabis au lycée?

 

Du cannabis? On en consomme beaucoup en France et "on en trouve partout", dit-on. Partout? Mais où exactement? Libération a interrogé de jeunes fumeurs sur leurs pratiques. Les résultats de cette enquête se rapprochent de l'étude Espad (1999): plus de deux tiers des adolescents de 16 ans "connaissent un endroit où s'approvisionner". Et la France arrive en tête des pays européens pour l'accès au cannabis dans les établissements scolaires: 38 % des jeunes déclarent qu'ils peuvent "se procurer facilement" ce produit au lycée, produit dont la vente et l'usage sont toujours interdits par la loi. Un même pourcentage déclare aller "chez un dealer" et préfère cette solution à l'achat dans la rue ou dans des bars. "Dans la rue ils te font fumer n'importe quoi", raconte Antoine, 21 ans, étudiant.

 

"Dans la plupart des lycées parisiens, tu peux trouver du cannabis", nous explique un élève. Un autre élève, Etienne, 17 ans, continue: "Il suffit de trouver un fumeur pendant les cours. On voit tout de suite qui fume dans la classe. On connaît les symptômes: petits yeux, le fait d'être endormi souvent… Alors on lui demande de nous aider." Etienne a fumé son premier "joint" en quatrième, avec ses copains. C'était à l'occasion du nouvel an. Aujourd'hui, il fume régulièrement: sa consommation est de 61 € environ par semaine. La moitié de cet argent vient de son argent de poche; l'autre moitié de petits travaux qu'il fait ici et là. Pour Stéphane, 15 ans, ce sont ses copains qui lui fournissent ces espèces de cigarettes qu'ils appellent des "tafs" entre eux. "Il y a des tafs à 15 et à 30 €, selon la quantité (± 1 gramme) et la qualité du cannabis. Pour moi, l'échange se fait toujours hors du lycée, dans un parc ou une cage d'escalier. Les filles fument presque autant que les garçons", précise-t-il encore.

 

Ce système d'achat-vente concerne la plus grande partie des fumeurs. Une fois le copain du lycée rencontré, on se retrouve vite chez lui. "Le dealer d'appartement, c'est facile: tu vas chez lui, tu bavardes un peu, tu achètes et tu repars", explique Cyrille, 23 ans, informaticien. "Un bon dealer n'a pas trop de clients. Moi, je limite ma clientèle à un cercle de connaissances. Je ne fais pas ça pour gagner un tas d'argent. J'achète en gros pour payer moins cher. Avec ce que je gagne, je paie ma propre consommation. Environ 80 % du haschisch consommé en France vient du Maroc."

 

Chloé, étudiante, 22 ans, a rencontré son "donneur" de cannabis il y a six ans, dans un bar à Bordeaux. Elle s'était rendue chez lui à une soirée "où il y en avait". Le premier joint à 15 ans, c'est comme le premier baiser avec un garçon: "l'émotion de l'interdit". Depuis, elle n'a plus cessé de fumer… "Le plus dur, c'est de trouver de la bonne 'marchandise'. Pour ça il faut avoir un dealer à qui on peut faire confiance. Une fois j'ai essayé de trouver de quoi fumer autour d'une gare, la nuit. Je ne sais pas ce qu'il y avait dedans mais je me souviens qu'il y avait même du plastique… J'ai été malade pendant plusieurs jours. Depuis, je ne suis plus jamais descendue dans la rue. Dans les rues on vend surtout des "carottes", des tafs de très mauvaise qualité: on y mélange même de l'huile de moteur! Beaucoup de jeunes en sont les victimes. Mais les débutants qui n'y connaissent rien ne doivent pas chercher longtemps: ils trouvent des dealers comme ça, en bas de l'immeuble, autour des gares, dans les parcs… La solution? Il faudrait dépénaliser le cannabis pour qu'on puisse se procurer des joints de bonne qualité. D'ailleurs, en France la situation est un peu bizarre: il y a plus de 4 millions de consommateurs de cannabis et on continue à avoir une loi dépassée".

 

Bien sûr, le paysage des drogues douces a changé. À l'extérieur de nos frontières il y a des pays qui ont l'intention de dépénaliser l'usage de cannabis en petite quantité. On envisage même d'en accepter la vente sous certaines conditions. Mais, il y a ceux qui sont contre, surtout chez les adultes! Et ils sont nombreux! Les jeunes, eux, sont divisés. Les enquêtes montrent que ces trois dernières années les consommateurs à partir de 16 ans ont doublé et les fumeurs "réguliers" sont passés de 5 à 15 % pour les garçons et de 3 à 9 % chez les filles. Pour Nicole Maestracci, "la dépénalisation du cannabis est dépassée, puisque depuis 1999, les magistrats ne mettent plus en prison les usagers de petites quantités." En clair, il existe donc en France une dépénalisation de la petite consommation de cannabis. "Si on maintient toujours l'interdit du cannabis, cela ne veut pas dire qu'on punisse dans tous les cas", explique Nicole Maestracci. La question est de savoir si la dépénalisation des drogues douces est une bonne chose…

 

Source:  Libération.com

>Quel a été le résultat d'une enquête menée par le journal Libération auprès de jeunes à partir de 16 ans?

Est-ce que la vente de cannabis est libre en France? Dans quels endroits les jeunes peuvent-ils s'approvisionner en cannabis alors?

Quels sont les endroits "dangereux" et quels sont les endroits "sûrs"? Pourquoi parle-t-on d'endroits "dangereux"?

Où ces jeunes trouvent-ils l'argent pour se procurer leurs "tafs"?

5.    Quant à la consommation, y a-t-il une grande différence entre les garçons et les filles?

6.   Comment Chloé a-t-elle fait connaissance avec la drogue douce? Quelle a été son expérience?

Quels dangers de jeunes fumeurs peuvent-ils courir?

8.    Selon Chloé, pourquoi faudrait-il dépénaliser le cannabis? Qu'en pensez-vous?

   9.    Comment les chiffres ont-ils changé chez les jeunes ces trois dernières années?

10.    Les adultes, ont-ils les mêmes idées que les jeunes sur la dépénalisation? Comment expliquer cette différence d'opinion?

 11.   En France il existe en fait déjà une certaine dépénalisation. Pourriez-vous expliquer?

 

 

Discussion

  12.    Est-ce que l'usage de drogues est un sujet qui vous préoccupe beaucoup? Pourquoi (pas)?

 13.   Est-ce qu'on vous a déjà proposé de prendre des drogues douces? Pouvez-vous raconter dans quel endroit ou à quelle occasion?

  14.   Si un jour on vous proposait de prendre une drogue douce, quelle serait votre réaction? Seriez-vous tenté de l'essayer au moins une fois, juste pour voir…? Ou pensez-vous qu'il faille dire non dès la première fois?

 15. Pensez-vous que les drogues douces soient dangereuses? Pourquoi (pas)? Avez-vous de bonnes raisons pour (ne pas) prendre de drogues, ni douces ni dures? Lesquelles?

 16.    Sans entrer dans les détails, connaissez-vous des adolescents qui ont pris des drogues? Est-ce que cela a beaucoup changé leur vie ou est-ce qu'ils mènent toujours une vie normale?

17.    Pensez-vous que l'usage de drogues douces mène inévitablement à l'usage de drogues dures? Pourquoi (pas)?

18.    À l'heure actuelle le cannabis n'est pas dépénalisé en France. Quelle est la situation dans votre pays?

Pour en savoir plus

Les parents...  http://www.medecine-et-sante.com/vaccinsprevention/enfantsetdrogues.html

 

Entrez dans un des sites suivants et tapez "cannabis" dans le moteur de recherche du site:

-    http://www.doctissimo.com/

-    http://www.medecine-et-sante.com/

-    http://www.e-sante.net/

 

Consultez aussi le site du gouvernement français sur les drogues: www.drogues.gouv.fr

 

June 17

Cannabistrot en procès le 18 mai 2004

la Jeunesse ne supporte pas l’injustice.

Et Elle s’est appropriée le cannabis dans un geste de révolte d’ados. Les jeunes dans les familles où le cannabis est consommé ouvertement et sans culpabilité sont les plus tardifs à éventuellement consommer.

Les autres ont trouvé là, une manière de se "révolter" contre les institutions (familiales ou étatiques).

D’ailleurs, il fut un temps (les 80’s) où ce qu’il se disait ds les millieux "prohibitionnistes modérés" : "Il vaut mieux que les jeunes transgressent avec le cannabis, c’est moins grave".

Nous disions à l’époque, que c’était un raisonnement dangereux.

Plus tard (les 90’s), ce fut : "le commerce du cannabis permet aux banlieux de ne pas imploser".

La dépénalisation ou pseudo-dépénalisation de fait ne règle pas les problèmes, seule une légalisation contrôlée peut être efficace, à condition qu’elle soit juste, réfléchie et surtout dégagée d’arrère-pensées politiques électoralistes ou clientélistes.

Devant autant de malhonnêteté intellectuelle, et de mensonges, nous avons simplement essayé de boucher le trou béant en termes de santé publique et de citoyenneté.

Puisqu’il y a des consommateurs et nous nous adressons aux consommateurs, il est important de prévenir les risques d’un usage clandestin.

Cesser de consommer des substances frelatées, cesser d’enrichir les mafias diverses. Surtout, dans ces temps, où les ponts sont clairs entre "l’argent de la drogue" et l’extrémisme religieux de tous bords.

Pourquoi ne pas prôner l’abstinence ? c’est inefficace et on a pas envie ! ! ! ! Pourquoi ne pas donner plus d’avertissement aux visiteurs du site ? Dès la page d’accueil, un lien existait sur le site officiel de la midlt.

C’est vrai que l’on facilite l’usage, mais pour un usage le plus propre possible.

Nous ne provoquons pas l’usage. La facilitation est aussi un délit, mais on veut être jugé sur les faits, pas sur du fantasme. D’ailleurs, dans le Dossier Judiciare de cette affaire, la provocation est inéxistante, c’est donc les idées qui seront attaquées.

Le Tribunal ira-t-il juste que là ? ? ? ?

Il faut se souvenir aussi, que le site a été lancé en 1999 dans un contexte politik favorable.

Un des problèmes de la loi de 70, c’est qu’en fonction du pouvoir politique, la loi est interprétée différemment.... alors ça valse entre tolérance et intolérance... et nous et les usagers, sommes balancés d’un statut de délinquants à celui de malades ou encore de trafiquants selon l’humeur ambiante.

"La drogue" a toujours servi de bouc émissaire aux politiques en manque de réussite.

La droite recherche une espèce de légitimité morale, et la propagande a repris de plus belles. 2 ans ont suffit à réduire à presque zéro, tous les efforts fait depuis 1997 par la Mildt et les associations de réductions des risques.

C’est de l’irresponsabilité dangereuse.

Combien de mort(es) il a fallu avant que l’on autorise l’avortement, ou la vente libre des seringues ?

Nous condamner et nous faire fermer boutique et site, c’est inutile, ridicule et inefficace même dans leur logique.

Les sites, à peine rendus au public ont été repris par d’autres gens à l’étranger, ils n’ont jamais eus autant de connections et les boutiques pullulent toujours.

Ce que l’on nous reproche, c’est de contester.

Faire descendre la consommation des jeunes (soi-disant 10% deviennent accros) , c’est louable, mais ces méthodes d’un autre âge ne fonctionnent que ds les sondages. Plus la répression est forte, plus les gens se cachent, bien sûr, donc les stats descendent, mais la prévention des risques en prend un sacré coup.

Oui, l’herbe est plus forte qu’avant, le haschich est toujours coupé, raisons de plus pour contrôler la production et la vente. ,

Sans parler des malades qui, pour se soigner ou se soulager, sont obligés de rajouter à leur malheur, des suspicions, des humiliations et d’énormes difficultés à trouver leur Médicament.

June 14

Le cannabis remis en question

Article de la revue de presse de la MILDT du 2 Mai 2002

Cosmopolitan consacre plusieurs pages au cannabis et présente une récente enquête sur le cannabis, l'expertise de l'INSERM et les recommandations de l'Académie nationale de médecine qui « met en garde contre toute banalisation ».
51.3% des Français jugent le cannabis « dangereux » tandis que 33% jugent sa consommation régulière « sans danger ». Le cannabis est bien une drogue et 78% des Français le reconnaissent.
Si le cannabis ne détruit pas les neurones il altère les facultés et – « preuves neurobiologiques récentes à l'appui » - il peut provoquer une dépendance.
Aucun décès ne lui a jamais été attribué, mais « c'est sans doute que les études n'ont pas pris en compte ses victimes indirectes : 1000 des 8000 morts annuels sur la route, par exemple ».
La consommation est en constante progression en France : plus d'un jeune Français sur deux a consommé du cannabis au moins une fois, deux fois plus que dix ans auparavant et « plus inquiétant, les consommateurs « réguliers » (d'au moins 20 joints par mois) sont en constante progression, y compris chez les filles».
Le risque de dépendance au cannabis est moindre que pour d'autres drogues mais il est réel pour 10 à 15 % de consommateurs et celle-ci est surtout psychique.
Le Dr Laqueille, psychiatre, explique : « le problème n'est pas tant cette dépendance physique, très discrète que l'envie incoercible de consommer. Or, pour la plupart des gens, sans dépendance physique, il n'y a pas dépendance. Comme pour l'alcool, cette dépendance psychique est sous-estimée par les consommateurs qui, de ce fait, la banalisent ». Pour les spécialistes, c'est une addiction comme les autres sauf que, excepté la polyconsommation, elle amène peu de monde à se faire soigner. Toutefois les comportements changent et le Dr Laqueille mentionne que depuis quelques années de plus en plus de demandes d'aide au sevrage sont présentées spécifiquement pour le cannabis à l'hôpital Sainte-Anne.
Cosmopolitan relève également que « parmi les tentatives de suicide, il y a plus de consommateurs réguliers de cannabis et, parmi les consommateurs de cannabis, nettement plus de suicides que dans la population générale ».
Le THC (principe actif du cannabis) est présent dans des concentrations toujours plus grandes dans les produits consommés et si celui-ci n'est pas considéré comme cancérogène ; la fumée de cannabis l'est. « (…) la concentration en goudrons est 4 fois plus élevée» que pour la fumée du tabac « (en moyenne 50 mg pour un joint, contre 12 mg pour une cigarette de tabac) mais la concentration en cancérogènes (nitrosamines, aldéhydes, benzopyrène, benzantracène …), liée aux produits de coupe – colles, plastiques – est supérieure dans la fumée du cannabis ».
La question du lien entre fumée du cannabis et schizophrénie n'est toujours pas tranchée mais il ressort que les chez les fumeurs de cannabis schizophrènes la psychose apparaît plus tôt et que la prise en charge médicale est moins bien acceptée par les patients. De plus, le cannabis peut provoquer des bouffées délirantes proches des délires schizophréniques.
Enfin, le journal souligne que « une complication trop peu évoquée du cannabis est qu'elle s'accompagne souvent de la consommation d'autres produits. » Pour les épidémiologistes, c'est une population vulnérable et le niveau de consommation est un indicateur de cette fragilité.
En encadré, Cosmopolitan souligne les dangers avérés de la consommation de cannabis au volant : « baisse de vigilance, mauvaise apréciation du temps et de l ‘espace… un joint = 2 verres. Fumer ou conduire, il faut choisir »


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Des clés pour l ’analyse : article de la revue de presse de la MILDT du 3 Mai 2002

Dans la revue de presse du 02/05/2002, nous avons consacré une large part de cette dernière à un article paru dans Cosmopolitan du mois de mai 2002.
Aujourd'hui, en regard du manque de clarté de cet article, nous souhaitons apporter les précisions suivantes :

Selon les données de l'expertise collective Inserm sur le cannabis réalisée en 2001 et le dossier de presse y relatif préparé par l'Inserm :

Pour la dépendance au cannabis, physique et psychologique :

« Le manuel diagnostique et statistique de l'Association américaine de psychiatrie la décrit comme n'étant pas, en général, de nature physique. Toutefois un phénomène de tolérance, qui est un des critères diagnostiques de dépendance physique, est observé chez les consommateurs. Il se caractérise par le besoin de quantités notablement plus fortes de substance pour obtenir l'effet recherché. Un syndrome de sevrage, de faible intensité, a également été décrit.
Des études américaines évaluent aux alentours de 5% la proportion de sujets présentant, dans la population générale, un risque de dépendance au cannabis. Dans la population de sujets ayant déjà consommé, ce risque concernerait 10% des personnes. C'est dans la tranche d'âge des 15-24 ans que le risque semble le plus élevé. Par comparaison, et d'après ces mêmes études, ce risque s'élève à un peu plus de 30% parmi les expérimentateurs de tabac. »

Pour la consommation de cannabis et la sécurité routière :

« Certains effets apparaissant dans les heures qui suivent la prise de cannabis sont incompatibles avec la conduite automobile : temps de réaction allongé, capacité amoindrie de contrôle de trajectoire, mauvaise appréciation du temps et de l'espace, et réponses perturbées en situation d'urgence. Des études épidémiologiques entreprises récemment devraient permettre de rendre compte du lien éventuel existant entre usage de cannabis et accidents de la circulation. »

Pour le cannabis et les suicides :

« Les patients présentant certains troubles mentaux sont plus fréquemment consommateurs excessifs de cannabis. Les études trouvent dans les populations cliniques de patients ayant fait une tentative de suicide significativement plus de patients abuseurs de substances psychoactives, dont le cannabis, qu'en population générale. Cette prévalence élevée des tentatives de suicide est souvent associée à l'existence de symptômes dépressifs plus importants. »

Pour les taux de concentration de THC :

« Les teneurs en THC des divers produits consommés (herbe, résine, skunk, pollen) sont très variables. Des concentrations en THC inférieures à 2% sont relativement fréquentes (18% des échantillons pour l'herbe comme pour la résine). Depuis 1996, bien que, d'une façon générale, les teneurs observées dans la majorité des échantillons aient peu évolué (environ 8% pour l'herbe, et 10% pour la résine), sont apparus des échantillons très fortement concentrés en THC, jusqu'à 31% pour la résine et 22% pour l'herbe. En 2000, 3% des échantillons d'herbe et 18% des échantillons de résine analysés, contenaient ainsi plus de 15% de THC. »

Pour les goudrons et le THC :

« L'évaluation du potentiel cancérogène d'un usage régulier de cannabis doit tenir compte de son mode de consommation (associé au tabac ou fumé sous forme de marijuana ) : la quantité de goudrons présents dans la fumée d'une cigarette de cannabis (environ 50mg) est plus élevée que celle que contient une cigarette de tabac (12mg). (…) Les effets brochodilatateur du THC pourraient favoriser la rétention de goudrons au niveau de la bouche, du pharynx, de l'œsophage et du larynx. »

Pour le cannabis et la schizophrénie :

« Certains troubles mentaux peuvent être révélés ou aggravés par la consommation de cannabis. Ceci a été démontré dans le cas de la schizophrénie. Les sujets schizophrènes, lorsqu'ils consomment du cannabis, recourent plus fréquemment aux hospitalisations et présentent plus de risques de passer à l'acte suicidaire. »

Pour le cannabis et les bouffées délirantes :

« Quelques études menées chez des adultes socialement et affectivement bien insérés permettent d'affirmer qu'il existe un trouble psychotique propre à la consommation de cannabis : la psychose cannabique. Elle se manifeste par des signes proches de ceux des bouffées délirantes aiguës ; avec une plus grande fréquence des hallucinations, en particulier visuelles. (…) Un traitement courant par neuroleptique permet de faire disparaître ce syndrome. La fréquence de la psychose cannabique semble faible par rapport au nombre de sujets consommateurs. Elle est estimée à 0,1% dans une étude suédoise. »
 

June 12

La Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône

La Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône vient de réaliser une enquête dans 24 établissements marseillais sur la consommation de tabac et de cannabis des lycéens et des collégiens.

Le premier enseignement est qu’un jeune sur trois se déclare fumeur. L’âge moyen de la première prise de tabac se situe entre 12 et 13 ans, quel que soit le sexe. Les jeunes se limitent d’abord à trois ou quatre cigarettes par jour pour en consommer quotidiennement en moyenne de 10 à 15 lorsqu’ils arrivent en classe de première. Mais surtout, l’étude révèle que la majorité des fumeurs sont des fumeuses, surtout à l’âge de 16-17 ans : "Il est difficile de dire précisément pourquoi, mais il semble qu’à cet âge-là, les garçons soient plus sportifs que les filles. Ils perçoivent mieux les conséquences de la fumée sur leur condition physique", explique Magali Maugeri, directrice départementale de la Ligue contre le cancer. Paradoxalement, les filles sont beaucoup plus demandeuses de solutions pour arrêter de fumer. Dans les groupes de sevrage, elles représentent 95% des effectifs.

Le fléau du cannabis
La Ligue contre le cancer s’est également penchée sur la consommation de cannabis chez les jeunes : "A notre grande surprise, nous avons constaté que les filles sont plus nombreuses à fumer du cannabis que les garçons. Nous n’étions absolument pas au courant de ce phénomène car elles le cachent beaucoup mieux", s’étonne Magali Maugeri. Si 78% des jeunes affirment n’en avoir jamais consommé, 22% disent qu’ils ont déjà essayé. Et plus de la moitié d’entre eux (55%) sont des filles. Elles ont d’ailleurs commencé en moyenne vers 14 ans, quelques mois avant la première prise des garçons.

"Dix joints par jour"
Au-delà du problème de la cigarette, Magali Maugeri estime que "le cannabis à l’école est un fléau grandissant. Plus de la moitié des jeunes adeptes de cette drogue avouent ne pas contrôler leur consommation. Certains fument plus de 10 joints par jour. Les conséquences sur leur scolarité sont dramatiques. Les chefs d’établissement sont de plus en plus nombreux à se dire dépassés par le phénomène".

A.N.
Metro Marseille 02/06/2005

June 10

Depuis dix ans, les jeunes ont doublé leur consommation

Depuis dix ans, les jeunes ont doublé leur consommation: la moitié des 15 - 25 ans concernée. Des centres de consultation fleurissent. Pour usagers enfumés et parents dépassés.

 
PIERRE et Julie (1)? 24 et 22 ans, l’air amoureux, le même appartement lillois et un goût partagé pour le cannabis. Monsieur, cheveux coupés court et l’air propre sur soi, travaille en CDD dans la grande distribution: ne se plaint pas. « Rien à voir avec mes études de communication mais ça me plaît.» Mademoiselle, blonde un brin crispée ce jour-là, cumule boulot de pionne et préparation à la licence d’anglais. Ne grommelle pas. «J’arrive à gérer.»
 
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles sauf que Pierre et Julie fument trop de «shit». «Mon médecin généraliste m’a conseillé de venir consulter ici. À cause du tabac et du cannabis, je commence à avoir des problèmes cardiaques. À me sentir de moins en moins bien, aussi: je n’ai plus aucune estime de moi, je n’arrive plus à prendre la parole en public», explique celle qui fume depuis deux ans «deux ou trois joints par jour».
Substance illicite
la plus consommée
Pierre dit que, dans le couple, il est «l’initiateur» de la fumette et rit jaune de ça. «J’ai commencé à fumer à 17 - 18 ans», se remémore-t-il. «C’est ma copine qui a pris le rendez-vous par téléphone, il y a deux jours:
elle a demandé si on pouvait venir à deux. Moi, je ne fume que le soir, après le travail, un ou deux pétards. Pour le boulot, ça va, j’assure, mais je ne fais plus de sport et je deviens limite asocial.»
Vous êtes dans la salle d’attente de la toute récente consultation gratuite et anonyme «Vernon Sullivan», avenue Kennedy, Lille. Ouverte depuis la fin du mois de mars, la structure veut apporter une aide aux jeunes fumeurs de joints et à leurs familles, aux usagers «qui ressentent des difficultés en lien avec leur consommation». Là, un psychiatre, un psychologue et un infirmier se relaient pour rencontrer les usagers, qui ont de 15 à 30 ans. Le cannabis est la substance psychoactive illicite la plus expérimentée en France. Selon l’Observatoire français des drogues et de la toxicomanie (OFDT), la moitié des jeunes de 17 ans en ont déjà fumé. Du coup, les pouvoirs publics se bougent. Accompagnent.
Car forte s’avère la demande. «Le planning est complet.» Lui, c’est le boss de la maison, le psychiatre et médecin-chef Jean Harbonnier: à la tête de l’intersecteur d’addictologie de l’Établissement public de santé mentale de l’agglomération lilloise. Pierre et Julie vont le rencontrer dans quelques minutes. «J’appréhende un peu», avoue Julie.
Pourtant, Jean Harbonnier ne juge pas. Être neutre, c’est son principe de base. Il observe, écoute, repère. Les failles, les problèmes de consommation (elle est évaluée à partir de questionnaires validés nationalement), de communication dans la famille. «Quand le jeune vient avec un des parents, il y a trois entretiens. Un avec l’adulte, un autre avec le jeune et un dernier en commun, décrit-il. À l’issue, on établit un programme pour réduire ou arrêter la consommation. Parfois, en cas de problèmes psychotiques, un traitement est prescrit.» Les fumeurs de cannabis souffrent souvent d’un désintérêt croissant pour l’environnement extérieur, de passivité aiguë. «Nous ne rencontrons pas beaucoup de personnes complètement déstructurées, dans un état lamentable, mais beaucoup de jeunes démotivés à cause de leur consommation, qui ont arrêté leurs hobbies.
»

L’intoxication aiguë, appelée aussi «bad trip», se manifeste par un malaise psychologique et/ou physique:
vomissements, perte de connaissance, sentiment d’angoisse. Les consommateurs réguliers – dont le nombre est estimé à 10% – sont les plus exposés. Ils peuvent connaître des troubles de la mémoire et de la capacité d’apprentissage, des problèmes relationnels et psychiatriques. « Chez les personnes sensibles, fragiles, la consommation de cannabis peut provoquer des sentiments de persécution.»
Des collégiens consultent
Le risque de développer des symptômes psychotiques est d’autant plus grand que la consommation commence tôt. « Des collégiens viennent au centre, indique Jean Harbonnier. Cela pose des problèmes. Les cerveaux, en terme d’évolution, ne sont pas mûrs. À l’université ou dans les écoles supérieures, le produit est aussi très présent.»
Pourquoi fume-t-on dès 14 ou 15 ans? Parce que transgresser et expérimenter sont propres à cet âge. Et puis le cannabis n’a jamais été aussi disponible.
Souvent, les parents pèchent. Trop absents. Dialogue en berne avec les rejetons. «Les adultes se réfèrent trop à l’interdit légal alors qu’instaurer des limites dans le cadre familial, de façon contractuelle, cela donne de meilleurs résultats.» La solution: « Reproposer un cadre rassurant aux jeunes. S’il ne sent pas de réactions, il continuera à provoquer.»

Interpellations pour usage de stupéfiants (dont cannabis)

 

 Interpellations pour usage de stupéfiants (dont cannabis)

Evolution depuis 1990 

      

 

Référence du dernier rapport : Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (ministère de l’Intérieur, de la sécurité intérieur et des libertés locales), Usage et trafic des produits stupéfiants en France en 2002 

« La vente libre du haschisch ou du cannabis serait de la folie ! »

Le chanvre indien contient des douzaines de composants chimiques complexes. D’un autre côté, l’alcool ne possède qu’une substance unique (éthanol).

Leur structure chimique, leurs propriétés physiques et leurs effets pharmacologiques (entre autres) diffèrent nettement.

Haschich et alcool sont donc, à la base, déjà incomparables.

Il a été prouvé qu’il faut des mois au corps humain pour évacuer totalement les résidus d’une dose de T.H.C.. Pour éliminer la même quantité d’alcool, six heures seulement sont nécessaires.

Cela signifie qu’en s’allumant 2 à 3 joints par semaine, le fumeur reste en permanence sous l’effet des résidus de T.H.C.

Nous ne voulons pas minimiser les terribles ravages dus à l’alcool. Mais il est très rare qu’une personne sombre dans l’alcoolisme après avoir « pris une cuite ». En revanche, de nombreux jeunes sont tombés dans la toxicomanie après avoir fumé quelques joints seulement.

La quantité de T.H.C. dans un joint varie généralement de 0 à 30 %, selon la provenance du cannabis. Il peut cependant atteindre 70 % s’il est préparé avec de l’huile de haschisch. Une telle dose rend un joint redoutable. Ses effets destructifs sont catastrophiques, notamment sur les adolescents et les enfants.

Aucun résultat d’analyse ne prouve que le haschisch soit inoffensif. En revanche, on sait qu’il contient de 400 à 450 poisons


En 1924, l’usage du haschisch était la cause de 30 à 60 % des cas de folie en Egypte

En 1924, le Maroc et la Tunisie autorisèrent la vente d’un mélange de tabac et de haschisch (le kif). Cette légalisation créa une telle déconfiture sociale que ces pays en interdirent la vente dans les années 50.

Les essais récents de légalisation du haschisch et du cannabis ne convainquent guère plus. En 1975, l’Alaska légalisa la consommation personnelle de cannabis. En 1989, une étude montra qu’aux USA, 17 % des jeunes fumaient du cannabis en classes de terminale. Selon la même étude, en Alaska, la consommation atteignait 45 %, soit 3 fois plus qu’aux USA. La consommation de cocaïne était également montée en flèche ! En 1991, une votation populaire rendit à nouveau punissable la consommation du cannabis.

En 1983, l’Espagne autorisa le libre usage des drogues. Le résultat fut une terrible augmentation de la toxicomanie et de la criminalité dans le pays. Depuis, l’Espagne est revenue sur cette décision.

Aux Pays-Bas, le cannabis et ses dérivés ont été légalisés en 1976 Est-ce un hasard si ce pays connaît actuellement le taux de criminalité le plus élevé de toute l’Europe ?

L’écrasante majorité des toxicomanes qui se sont tirés de l’enfer de la drogue le déclarent : « La vente libre du haschisch ou du cannabis serait de la folie ! »

 

Les centaines de tonnes de cannabis produites par an suffisent à peine à répondre à la demande croissante... Aucun gouvernement n’a de solution à ce problème planétaire qui touche surtout les enfants et les adolescents. Aux USA, la drogue menace les enfants dès l’âge de 8 ans. En Suisse, dès 12 ans et même parfois avant.

La solution n’est donc pas que l’Etat légalise ou dépénalise le cannabis. Imaginons que ce soit le cas. Qui aura le courage d’aller vers un adolescent et de lui dire : « Ceci est un joint. C’est nuisible, ça te conduira peut-être dans l’enfer des drogues et te fera peut-être crever, mais tu peux y aller, c’est légal... »

On sait que durant les 10 dernières années, des millions d’enfants sont nés dans le monde occidental, avec des tares et des déficits graves. Notamment un quotient intellectuel de 30 à 40 % plus bas que les autres gosses. Ces anomalies sont dues à une consommation, par la mère, d’héroïne, de cocaïne ou de cannabis pendant la grossesse.

Une bien triste réalité se cache derrière le joint. Certains individus corrompus, inconscients ou ignorants se chargent de faire passer leur message : « Un joint n’est pas dangereux ». Malheureusement, des dizaines de milliers de jeunes et de futurs parents se laissent prendre dans ce piège vicieux. Notre souhait est de vous éviter d’y tomber.

Conseils de réduction des risques : Le cannabis: la marijuana et le haschich

L'usage du cannabis existe, même si sa détention est illégale. Le cannabis est notamment visé par la loi sur les stupéfiants de 1921, révisée en 1975. Sa détention, même pour usage privé, est donc passible de sanctions pénales.

10 façons de réduire les risques

    * En cas d'effets indésirables, cherchez un endroit tranquille, un entourage apaisant, buvez quelque chose de sucré. Surtout ne paniquez pas: dans une heure, ces effets négatifs seront passés.

    * Les space-cakes mettent du temps à produire un effet (+/- 1 heure): soyez patient et ne cédez pas à la tentation d'en reprendre, car vous ne connaissez pas la quantité de produit qui a été incorporée et donc la puissance des effets. Si vous en reprenez, vous risquez d'être complètement dépassé par les effets.

    * Le cannabis modifie la capacité de concentration: n'en consommez pas à l'école, au travail, au volant ou lorsque vous travaillez sur des machines.

    * Dans la mesure du possible, n'achetez pas de cannabis auprès de personnes inconnues. Informez-vous sur la qualité du produit auprès de personnes de confiance.

    * Si vous vous sentez mal ou avez une quelconque appréhension, reportez l'expérience.

    * Comme pour les autres substances psychotropes, évitez de consommer de l'alcool en même temps.

    * Il est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes de consommer du cannabis.

    * Si la police se présente à votre domicile , elle n'a pas le droit d'entrer sans un mandat. Rien ne vous oblige à signer un accord de perquisition.

    * Le cannabis augmente le désir de contact: n'oubliez pas votre préservatif en cas de relations sexuelles!

    * Si vous ne vous sentez plus maître de votre consommation, parlez-en à une personne de confiance.

Que faire en cas d'urgence?

En cas de mélange de cannabis avec d'autres substances, les informations suivantes peuvent s'avérer utiles:

    * En cas de malaise, si la personne est consciente, amenez-la au calme, rassurez-la, aérez-la, offrez-lui de l'eau.

    * Si la personne est inconsciente, appelez d'urgence les secours: formez le n°100 ou n°112 (service médical d'urgence - appel gratuit).

    * Décrivez la personne comme suit: est-elle consciente ou inconsciente, respire-t-elle ou non, son coeur bat-il ou non. Donnez l'adresse exacte (rue, n°, étage).
      L'état de la personne et le lieu de l'accident sont les deux seules informations nécessaires! Une fois le personnel médical sur place, signalez-lui les produits consommés; il est tenu au secret professionnel.

    * En intervenant rapidement, vous pouvez lui éviter des problèmes graves, peut-être même lui sauver la vie. Pensez-y!

    * Si l'accident a lieu dans un endroit privé, la police n'est pas autorisée à y pénétrer sans un mandat.

Le prix payé en France pour le cannabis et qualités

 

Le prix payé en France pour le cannabis varie selon la provenance. Le prix du haschich marocain "standard"revient de 5€ à 9€  environ le gramme (s'il est acheté sous la forme d'une barrette de 2 à 3 grammes dont le prix est de20€). Pour des quantités plus importantes comme un"douze"(10 à 12 gramme), le prix payé est d'environ 50€. Pour le haschich Pakistanais ou Afghan, le prix est d'à peu près 10€  par gramme. Comme on l'a vu précédemment, la marijuana est relativement rare en France. Le prix de la marijuana est de ce fait généralement plus élevé que celui du haschich, à savoir 10€ à12€  par gramme.[10]

 

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Le haschich marocain est en général de qualité médiocre en France. Cela est d'abord dû au fait que ce haschich est obtenu à partir de tamisages postérieurs par rapport au haschich marocain présent par exemple sur le marché néerlandais, où les exigences de qualité sont plus élevées (en raison de l'offre plus large). Le fait que le haschich soit généralement coupé constitue une raison encore plus importante de cette qualité plus médiocre. Différents produits sont utilisés pour cela; les plus courants étant la terre, la paraffine, la colle, la graisse de chèvre et (surtout) le henné.

 

June 09

Cannabis : 4,2 millions de consommateurs en France

Cannabis : 4,2 millions de consommateurs en France

 

Les fumeurs réguliers de cannabis sont très nombreux chez les 17 ans

Paris, le 17/05/05. LJS.com

Qui sont les fumeurs réguliers de cannabis ? La réponse à cette question se trouve dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire n°20 de l’Institut nationale de veille sanitaire (InVS).

En France, en 2003, on comptait 4,2 millions de personnes âgées de 12 à 75 ans ayant consommé au cours de l’année du cannabis, dont « 850000 au moins dix fois dans le mois » précise le bulletin.

La tranche d’âge qui fume le plus régulièrement est la tranche la plus jeune. « En 2002, la consommation dix fois dans le mois est plus fréquente chez les 17 ans, 6,8% des filles et 17,7% des garçons, que chez les 18-25 ans (6,3%) et les 26-44 ans (1,3%) » note l’InVS.

Pour réaliser l’enquête sur cette drogue dite douce, l’InVS a rencontré 1711 personnes. 1567 ont rempli correctement et complètement le questionnaire donné. Pour faire partie de cette étude, il faut répondre à deux critères : être âgé de 15 à 29 ans et avoir « une consommation de cannabis d’au moins 20 joints au cours des 30 derniers jours ou durant au moins 10 jours au cours des 30 derniers jours ». Les hommes sont ici majoritaires (72%) et l’âge moyen de ces participants est de 22 ans et sept mois, la tranche d’âge la mieux représentée étant celle des 20-24 ans (41% des personnes suivies). Cette enquête montre que, chez ces gros consommateurs, l’âge moyen pour débuter à fumer est de 15 ans et 4 mois. Un peu plus d’un an plus tard en moyenne (à 16 ans et onze mois), ils passent à une consommation hebdomadaire.

Pour s’approvissionner en cannabis, la plupart utilise ses contacts : amis (78% des cas) ou dealers (59%). Le cannabis est parfois offert, en guise de cadeau (66%). D’autres enfin, un peu moins nombreux, se fournissent grâce à leur culture personnelle (24%).

Parmi ces gros consommateurs de cannabis, huit sur dix fument de cinq à sept jours par semaine, plus de la moitié, 56%, consomment deux à quatre joints par jour. D’ailleurs, quand ils ne fument pas, ils ne se sentent pas bien. « 21% des enquêtés déclarent avoir souvent considéré comme difficile le fait de passer une journée sans consommer de cannabis et 5% ont souvent essayé de réduire ou d’arrêter leur consommation sans y parvenir » précise le bulletin épidémiologique hebdomadaire. 
Pourquoi fument-ils ? Pour se relaxer, se détendre et « faire la fête ». Un peu moins nombreux sont ceux qui le font pour « se défoncer ». La soirée reste le moment privilégié pour fumer un joint.

Histoire du cannabis

Les premières utilisations du cannabis semblent remonter à 3000 av. J.-C. Le plus ancien document connu y faisant référence est un texte médical chinois datant de 2737 av. J.-C. Il était utilisé en Asie et au Moyen-Orient comme médicament contre diverses infections.

 

Prince perse fumant...

Le cannabis était bien connu des Scythes. Depuis l'Antiquité, les peuples germaniques cultivaient le chanvre pour ses fibres — utilisées pour la fabrication de vêtements et de cordes pour les bateaux. Des gravures sur cuivre du XIXe siècle montrent que les berges du Rhin étaient, à l'époque, couvertes de grands champs de chanvre. Le plant de chanvre devait être détrempé afin de pouvoir récolter la fibre. Le liquide qui en résultait était utilisé comme boisson. Encore actuellement, en Allemagne, certains bars servent de la bière et du vin de chanvre.

On retrouve aussi à partir du XIe siècle et pendant tout le Moyen Âge, en Perse et en Syrie, l'existence des Hashâchine (ou « H'ashashine », tels que les nommaient les Croisés), du mot « assas » signifiant le fondement. Ces membres d'une secte shii'te ismaélite d'assassins, créée en 1094 et dirigée par Hassan al Sabah' (aussi appelé le « Vieux de la Montagne ») à Alamout au Sud-ouest de la mer Caspienne, consommaient du hashish fumé avant de réaliser leurs actes.

Usage religieux du Cannabis

Dans les Caraïbes anglophones le cannabis fut importé avec la main d'œuvre indienne qui amena des plants de chanvre indien. Le nom donné aux indiens fut « collie » et aujourd'hui encore les rastas utilisent, entre autre, le terme « coolie weed » pour évoquer le cannabis.

Au XIXe siècle, le cannabis était utilisé en Occident pour ses vertus médicinales (voir plante médicinale), mais aussi comme teinture. Il fut utilisé pour soigner les douleurs menstruelles de la reine Victoria, et était même vendu dans le commerce aux États-Unis. Mais à la fin du XIXe siècle, son succès commença à décliner, suite à l'apparition et au fort succès d'autres médicaments tels que l'aspirine.

Le cannabis fut déclaré illégal aux États-Unis dans les années 1930.

Il joue un rôle religieux majeur pour certaines sectes de sâdhu et dans la religion rastafari.

Bien qu'il ait probablement été utilisé commme drogue occasionnelle durant son histoire, c'est parmi la scène jazz des années 1950 qu'on le vit devenir populaire, avec une forte augmentation de son utilisation pendant les années 1960.

C'est actuellement la drogue illégale la plus utilisée dans le monde.

Drogue récréative ou fléau social

Le lundi 2 juin dernier, le Moniteur belge publiait la nouvelle loi sur les stupéfiants et les arrêtés royaux qui l’accompagnent, une loi adoptée par le Parlement en mars 2003. Le texte ne dépénalise l’usage d’aucune drogue, mais il distingue le cannabis des autres drogues

La détention et la culture de cannabis restent des infractions mais la détention, par un majeur (18 ans), d’une quantité de cannabis à des fins d’usage personnel (3 grammes), sans nuisance publique ou usage problématique ne fera l’objet que d’un simple enregistrement.

Drogue récréative ou fléau social, porte d’entrée vers les drogues dures, créant ou non une dépendance, provoquant ou non schizophrénies ou dépressions… le débat sur le cannabis est souvent “passionné et confus” comme le constate la revue scientifique française La Recherche qui publiait récemment une synthèse intéressante de trois rapports scientifiques français, canadiens et américains sur le sujet (1). Cette confusion est d’autant plus regrettable qu’il existe une certaine unanimité des scientifiques sur le sujet.

Le cannabis est une drogue populaire dans de nombreuses régions du monde depuis plusieurs siècles. C’est au début du XXe que le cannabis est devenu un problème social aux États-Unis puis dans l’ensemble de l’Occident. En Europe, la consommation connut un pic dans les années 70 et 90. Les plus gros consommateurs se situent dans la frange des 16-24 ans, les garçons plus que les filles, les jeunes de milieux aisés plus que ceux de milieux populaires, les enfants de familles dissociées plus que ceux de familles stables, et tout spécialement des jeunes en situation d’échec ou de retard scolaire. Le nombre de consommateurs chute brutalement entre 20 et 25 ans, soit à l’âge de l’insertion dans la vie adulte.

 

Le cannabis agit sur le psychisme comme le tabac, l’héroïne, le café, les antidépresseurs, l’alcool, ... Le plus souvent il est fumé en cigarette, mélangé ou non à du tabac. Le consommateur de cannabis en bonne santé recherche un sentiment d’euphorie. Les effets sont le plus souvent la loquacité, l’hilarité, la sociabilité, une déconnexion des soucis du quotidien, des sensations de bien-être, de calme, de relaxation avec une distorsion de la perception du temps et de l’espace, accentuant les perceptions sensorielles, gommant les images négatives de soi et renforçant la confiance. Les cadres stressés y trouvent un moyen de se détendre. Les artistes pensent que le cannabis favorise leur inspiration. Quant à certains malades, ils recherchent un effet sédatif pour calmer leur douleur physique ou morale.

Il faut souligner qu’il n’y a pas de risque d’overdose. Mais, une forte dose peut avoir immédiatement des effets adverses significatifs : dépersonnalisation, distorsions visuelles et auditives, erreurs d’appréciation du temps et de l’espace, délire, symptômes psychotiques. Ces troubles disparaissent généralement deux heures après la prise, mais ils peuvent aussi se prolonger et justifier une hospitalisation. Le cannabis est déconseillé aux cardiaques en raison de la tachycardie qu’il entraîne. Certains individus, au lieu de ressentir un état d’euphorie ressentiront angoisse, anxiété ou idées dépressives. Même à faible dose, la mémoire immédiate sera perturbée, la concentration intellectuelle difficile, le contrôle des mouvements moins sûrs. Etant donné, la grande diversité des produits disponibles il est souvent impossible pour le consommateur de savoir quelle dose il absorbe, si le cannabis est pur ou mélangé à d’autres produits.

Par ailleurs, à long terme, les effets négatifs sur la mémoire ont été mis en évidence. La consommation chronique rejaillit sur les résultats scolaires (somnolence, défaut de concentration, difficultés d’apprentissage). Une consommation importante et ancienne peut créer chez l’adulte un déficit important d’activité, de l’indifférence affective, un ralentissement de la pensée. “En l’état actuel des connaissances, le danger le plus sérieux pour la santé est (…) la fumée du joint, qui, avec ou sans tabac a une composition chimique et des effets voisins de la fumée de cigarette. Le grand consommateur de cannabis fume moins souvent chaque jour que le grand consommateur de tabac, mais il inspire plus profondément et plus longtemps la fumée de sa cigarette sans filtre. Si bien que le risque de maladies pulmonaires, y compris le cancer, est considéré comme élevé”.

 

Signalons encore que si beaucoup de drogues, et en particulier les drogues dures – mais aussi l’alcool et le tabac – entraînent des troubles intenses physiques ou psychiques lorsqu’on suspend leur consommation, ce n’est pas le cas du cannabis (sauf chez les gros consommateurs au long cours, pendant quelques jours et sous des formes bénignes). Enfin, la théorie selon laquelle le cannabis conduirait immanquablement aux drogues dures ne résiste pas à l’examen. Cependant, le consommateur régulier de cannabis risque de se voir proposer d’essayer d’autres drogues… les revendeurs de cannabis étant aussi des revendeurs de drogues dures. Il faut savoir que l’initiation précoce au cannabis suit souvent une initiation précoce à l’alcool et au tabac. Et s’il est vrai que la quasi-totalité des consommateurs de drogues dures sont passés par le cannabis, ils sont aussi passés par l’alcool et le tabac.

 

 

Pierre pierre

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